Jeudi 10 juin 2010
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La Communauté d'Agglomération du Lac du Bourget (CALB) a
adressé le 21 mai dernier un courrier officiel au directeur régional de Réseau Ferré de France, basé à Lyon, pour obtenir des éclaircissements sur la stratégie de l'opérateur concernant la "ligne
historique", qui court de Dijon à Modane en longeant, personne ne l'ignore, le Lac du Bourget sur plusieurs kilomètres.
Il y a déjà le feu au lac
Le président de la CALB et Maire d'Aix-les-Bains, Dominique Dord, souligne notamment dans son courrier que cette ligne est source "pour les habitants de l'agglomération de nuisances sonores,
les plus aigües étant ressenties la nuit avec les trains de fret". Il rappelle en outre que le lac est "d'une extrême sensibilité aux risques de pollution", puisque son alimentation
est assurée par des cours d'eau de taille modeste "avec pour conséquence un renouvellement des eaux qui demande une bonne vingtaine d'années".
La CALB semble s'alarmer de la tournure prise par "les évolutions du projet de la ligne nouvelle Lyon-Turin", qui "laissent entrevoir le maintien du trafic fret sur cette ligne
historique pour plusieurs décennies, et probablement aux limites de capacité de la voie", selon les informations obtenues par la communauté d'agglomération elle-même auprès de RFF (qui
recoupent nos propres informations, ndlr).
Des chiffres !
Ainsi la CALB veut-elle obtenir des éléments précis, donc chiffrés, en particulier sur le transport de matières dangereuses, une préoccupation majeure pour la sécurité du lac et de ses riverains.
Dans son courrier, Dominique Dord demande à RFF un comptage annuel précis des trains entiers, des wagons isolés, mais aussi de la nature et de la dangerosité des matières transportées. Il demande
en outre à l'opérateur du réseau s'il dispose d'un plan d'urgence en cas d'incident, d'une étude d'impact des matières dangereuses les plus couramment transportées sur le milieu aquatique, et
s'il envisage de mettre en place des dispositifs d'isolation entre la voie et le lac "pour la récupération des matières liquides telles les produits pétroliers".
"La démarche que j'entreprends aujourd'hui auprès de RFF doit être comprise comme étant la suite logique aux années d'efforts techniques et financiers qui ont été les nôtres pour améliorer la
qualité des eaux du lac et en faire un milieu biologiquement sain, agréable et sans danger pour les populations, les touristes et la pêche", conclut le président de la CALB.
Nous ne pouvons que nous féliciter de cette initiative de la CALB, qui va dans le sens de nos démarches antérieures. Nous en profitons pour rappeler que nous souhaiterions également avoir
l'opinion de RFF sur la pollution visuelle et sonore que constitue la ligne. Si, comme nous sommes de plus en plus nombreux à le craindre, la montée en puissance de la ligne se confirme, il
faudra plaider pour des aménagements conséquents financés par l'opérateur du réseau afin d'atténuer l'impact sur les riverains.