Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 14:49

Le projet de RNR est présenté aux APN (Associations de Protection de la Nature), avec ses avantages potentiels, ses limites, et divers points de zonage ou de réglementation.

 

Avantages reconnus d’une RNR :

-          un statut fort :  les APN comprennent et partagent l’analyse d’une « sous-protection  réglementaire » d’un lac tel que le Bourget, qui ne bénéficie que d’un arrêté préfectoral de protection de biotope sur 4% de ses rives. Certaines règlementations manquantes pourraient ainsi être instaurées, mais déjà une consolidation et une application de l’existant serait une la RNR serait bienvenue.

-          une image forte : la notoriété du lac du Bourget repose aujourd’hui sur sa Nature et son romantisme, mais cette image reste effacée et non officiellement affirmée comme un atout à préserver. Natura 2000 par sa complexité n’a pas encore réussi sur ce point, et une RNR constituerait un message fort : la nature est un atout majeur et fragile du lac du Bourget et de la Chautagne. Le terme de « Réserve naturelle », s’il peut faire peur à certains acteurs locaux, est par contre un label reconnu en France et à l’étranger.

-          des moyens financiers : si Natura 2000 et le contrat de bassin versant ne peuvent à terme suffire aux besoins de la gestion, les financements régionaux afférents à la RNR deviendront vitaux. En particulier dans une perspective d’agrandissement des zones gérées, et du besoin d’un « garde de lac » (point suivant).

-          un poste de « garde de lac » : ce garde, assermenté, n’aura pas majoritairement un rôle de police de l’environnement (bien que les carences en matière de police de l’environnement soient notoires et dénoncées par les APN). Ce poste (« gardes du littoral » du Conservatoire du Littoral, très répandus sur les côtes marines) comporte également une mission de présence, sensibilisation, suivi et maintenance diverses essentiel.

-          une gouvernance : il n’existe pas aujourd’hui d’instance rassemblant l’ensemble des acteurs & usagers du lac dans sa globalité, hormis le comité de pilotage Natura 2000  

 

Limites, points de vigilance :

L’accord obligatoire des propriétaires, assorti de la possibilité de ne signer cet accord que pour 10 ans, constituent des limites que les APE regrettent – tout en comprenant qu’elles sont sans doute une condition de faisabilité de la RNR étant donné les textes qui les régissent.

Plusieurs problèmes de déchets ou dérangements sont observés (remblais au Bettex, VTT en prairie humide, amarrages sauvages, pénétration de bateaux en zones interdites ...) : quel sera le réel pouvoir de la RNR à cet égard ?

-          la présence et la réactivité d’un garde sera une clé majeure (avec un n°0 de téléphone et un lien avec la brigade de gendarmerie ...)

-          en cas de verbalisation, on peut attendre un meilleur suivi des PV ...     

 

Eléments pour les aspects de zonage :

-          inclusion du plan d’eau (Domaine public lacustre, hors ports et plages) : une RNR « lac du Bourget – Chautagne » sans le lac perdrait sa crédibilité ; l’option « périmètre de protection » de la RNR paraîtrait une demi-mesure ...

-          Les APE regrettent que le périmètre d’étude (trait bleu) s’approche parfois près du lac, limitant ainsi la « zone tampon » protégée. Cette limite s’appuie soit sur Natura 2000 soit sur la zone de préemption du Conservatoire du Littoral ; elle exclut surtout des terrains privés mais aussi quelques communaux, qui pourront être raccrochés au projet dans un second temps.

-          Parmi les privés à contactés une fois le projet de réserve bien esquissé : Chambre de Commerce (dans l’APPB du sud du lac), Chambéry Métropole & Technolac (Bras de décharge de la Leysse), châteaux de St Gilles, Châtillon, Bourdeau, Thomas 2 ...

-          Divers points inclus au zonage (comme le Bettex et le bois des Bauches à Brison) sont aujourd’hui le lieu de remblais, illustrant le bénéfice que pourrait apporter une RNR ...).

-          Zonages réglementaires à l’intérieur du périmètre : tout en ayant le souci de ne pas compliquer la réglementation et son application, il apparaît judicieux de distinguer une partie plan d’eau, une partie roselières, une partie marais.

 

Eléments pour les aspects de réglementation :

-          navigation : c’est un point essentiel ; or on est dans l’attente du nouvel arrêté préfectoral ... Dans l’attente de ce nouvel AP, les APE mentionnent les points auxquels elles seront vigilantes :

  • zonages : oui à l’élargissement de la bande de rives partout où la beine, les herbiers et les roselières le justifient (baie de Mémard et de Chatillon, aujourd’hui « à découvert »)
  • pollution : possibilité d’interdire certaines huiles ou des moteurs à 2 temps, ou mal entretenus ? On suppose que ces points ne seront pas traités par l’AP, de même que la puissance des moteurs.
  • NB : il serait bon de s’intéresser aux impacts de la circulation aéronautique au sud du lac ...
  • bruit : cette nuisance serait à mesurer en divers points « névralgiques » (Savières, Hautecombe, sud du lac ...) qui devraient servir de références pour d’éventuelles limitations ultérieures.
  • Ski nautique à Mémard : espoir que l’AP le déplacera

-          circulation terrestre : il faudrait « faire le tour » des chemins dans le périmètre, et de leurs statut ; certains sont peut être interdits par arrêtés  municipaux mais sans signalétique (disparition du panneau B0 au départ du chemin des Granges ; hors périmètre d’étude après vérification)

 

-          circulation aérienne : 

  • une distance maximum de survol est à instaurer sur les marais, y compris pour le vol libre
  • également

-          chiens :

  • à interdire dès le 1er février (= fermeture de la chasse) et jusqu’au 15 juillet (= début haute saison touristique + fin de la plus grande partie des nidifications).

-          VTT : penser à les interdire hors chemins y compris dans les marias et roselières

-          Publicité : cas des fléchages lors de courses pédestres ou d’orientation, à retirer après la manifestation ...

-          autorisations de travaux : partage de la vision proposée ; le cas du chemin littoral de Mémard est un bon cas d’école : divergence de vue entre les intérêts « cadre de vie » et « faune sauvage », intérêt d’une instance sur l’ensemble du lac permettant  de débattre à l’amont des projets.

 

Suite du projet :

Les APE continuent de réfléchir et suivre ce dossier important ; notamment sur les aspects périmètre et réglementation, à la lumière des réactions de la police de l’environnement (gendarmerie / ONCFS / ONEMA) et des élus –dont en premier lieu la CALB – que le Conservatoire va rencontrer prochainement.

Elles proposent de se faire l’écho du projet auprès de riverains « stratégiques » avec lesquels elles peuvent être en relations par ailleurs (exemple : à la baie de Portout : question de l’élargissement de la bande de rive ?) ...

Par Adrilac - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
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