Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 17:32

Monsieur le Préfet de la Région Rhône-Alpes a adressé à l’association ADRILAC les trois dossiers de synthèse des études d’avant projet sommaire de l’itinéraire fret de la liaison ferroviaire Lyon-Turin.

Il nous est proposé dans le courrier d’accompagnement d’exprimer notre avis sur ces études, ce que nous faisons par la présente en ayant pris la liberté d’élargir les signataires de celle-ci au collectif d’associations auquel nous participons lorsque les sujets évoqués le justifient.

Pour compléter notre information, nous avons sollicité RFF pour une réunion de travail qui s’est déroulée le 11 juin dernier.

Nos réflexions concernent essentiellement la ligne historique dans la partie qui borde le lac du Bourget.

En effet, tous les jours, des trains transportant des matières dangereuses longent la rive du lac du Bourget, réserve de 3,6 milliards de m3, pratiquement au contact du plan d’eau, sans plus de protection qu’au moment de la construction de la ligne en 1850.

Des incidents sont régulièrement constatés à St Jean de Maurienne au moment où les convois subissent un contrôle avant d’emprunter le tunnel du Fréjus : fuite de morpholine, forte odeur de colle, fuite de toluène, ….


La configuration du tracé augmente ces risques en raison de l’existence de masses rocheuses instables surplombant la voie. L'humidité et l’alternance des périodes de gel/dégel rendent les roches fragmentables et la situation de notre région dans une zone de séismicité modérée mais réelle est suffisante pour ébranler et détacher des rochers de grande taille. De plus, cette ligne ferroviaire coexiste avec une route  relativement passante sur la bande très étroite comprise entre le lac et la montagne, avec trois passages à niveau dangereux où la visibilité est médiocre.

La pollution majeure d’un lac peut prendre des proportions démesurées en raison de la facilité de propagation et d’absence de moyens efficaces de traitement de celle-ci. En novembre 2005 la pollution d’un fleuve chinois par du benzène a privé d’eau potable 4 millions de personnes et s’est propagée sur des centaines de kilomètres. Des wagons transportant du benzène circulent au bord du lac du Bourget !

 

L’étude transmise présente cette ligne historique comme un maillon indispensable du  projet Lyon-Turin. RFF nous a confirmé l’augmentation du trafic fret qui passerait progressivement de 6 à 11 millions de tonnes par an. Des aménagements techniques importants sont réalisés pour faire face à cette augmentation : réfection du pont sur le Rhône, calibrage des tunnels au gabarit B1, aménagement du tunnel du Fréjus, plate-forme de chargement à Ambérieu, …. Par contre, les sujets de mise en sécurité de cette ligne et son intégration environnementale le long du lac ne sont même pas abordés. Pourtant, les solutions existent, par exemple dans la vallée de l’Inn en Autriche où, par cuvelages, carénages, tranchées, la voie ferrée se fond dans le paysage en offrant toute garantie de sécurité. 

C’est pourquoi nous demandons qu’une étude sur les risques et les nuisances liés à l’infrastructure ferroviaire le long du lac du Bourget et les solutions pour les minimiser soit intégrée au projet Lyon-Turin et que la réalisation des travaux qu’elle suggère soit associée à l’augmentation prévue du trafic.     

Par Adrilac - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

Merci pour toutes ces informations, il y a de quoi s'inquiéter et se montrer d'autant plus vigilant et exigeant vis à vis des politiques envisagées -à plus forte raison quand justement rien ne semble envisagé pour répondre à de tels risques concernant l'évolution du fret anticipée au bord du plus grand lac naturel de France.
Je me permets de mettre quelques extraits en lien vers votre site.

Cordialement.
Commentaire n°1 posté par Capalu le 06/12/2009 à 12h54
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